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Syndrome de Brugada et stratification du risque par stimulation ventriculaire programmée - par webmaster le 26/02/2016 11:35

Par le Dr Pierre Attali (Hôpitaux universitaires de Strasbourg) 


Article commenté :
Programmed Ventricular Stimulation for Risk Stratification in the Brugada Syndrome: A Pooled Analysis.
Sroubek J, Probst V, Mazzanti A et al.
Circulation. 2016 ; 133:622-630. ► Retrouvez l’abstract en ligne

Prises dans leur ensemble, les données de cette étude suggèrent que la stimulation ventriculaire programmée pourrait tout de même contribuer à l'évaluation de certains patients avec un syndrome de Brugada qui ont un risque clinique intermédiaire d’événements, mais qu’une étude électrophysiologique négative ne doit pas être considérée comme étant représentative d’un faible risque d'événements cardiaques.
 
Le syndrome de Brugada est associé à un risque accru de mort subite d'origine cardiaque. Toutefois, la répartition des risques n’est pas uniforme parmi les patients souffrant d’un syndrome de Brugada, et la plupart d’entre eux ne subissent pas d’événements indésirables cardiaques pendant leur vie.
L'identification des personnes les plus à risque qui pourraient bénéficier de défibrillateurs cardiaques implantables pose un défi clinique majeur. La stimulation ventriculaire programmée a été proposée comme une méthode pour faciliter la stratification du risque des patients atteints de syndrome de Brugada, mais une controverse entourant l'utilité de la stimulation ventriculaire programmée a persisté pendant les deux décennies passées.
 
Les auteurs ont réalisé une analyse groupée des données au niveau individuel en provenance de 8 études avec environ 1300 patients atteints du syndrome de Brugada. Leurs résultats suggèrent que les arythmies ventriculaires déclenchées pendant la stimulation ventriculaire programmée sont associées à un risque plus élevé d'événements cardiaques.
Cependant, leurs observations montrent également que l’absence d'arythmie induite au cours d’une stimulation ventriculaire programmée n’est pas nécessairement synonyme de faible risque.
 
Ils ont estimé les taux d'incidence et les risques relatifs de survenue d'un arrêt cardiaque ou d’un choc délivré par le défibrillateur implantable. Ils ont analysé les données au niveau individuel de 8 études comprenant 1.312 patients qui ont connu 65 événements cardiaques (médiane de suivi, 38,3 mois).
Un total de 527 patients a été induit en arythmie avec jusqu'à trois extrastimuli. L’induction d’une arythmie a été associée à des événements cardiaques au cours du suivi (hazard ratio, 2,66 ; 95% intervalle de confiance [IC], 1.44-4.92, p < 0,001), avec le plus grand risque observé chez ceux induits avec un extrastimulus simple ou double.
Les taux d'événements annuels varient sensiblement en cas d’histoire de syncope, de présence d’un motif de type 1 spontané à l’ECG et d’induction d’une arythmie.
Le risque le plus faible a eu lieu chez les personnes sans syncope et avec un motif de type 1 induit par une drogue (0,23%, IC95% 0,05-0,68 pour aucune arythmie induite avec jusqu'à un double extrastimulus ; 0,45%, IC95%, 0,01-2,49 pour une arythmie induite), et les plus à risque étaient les personnes souffrant de syncope avec un motif spontané de type 1 (2,55%, IC95% 1.58-3.89 sans arythmie induite ; 5,60%, IC95% 2,98 à 9,58 en cas d’arythmie induite).
 
Ces résultats soulignent l'importance d’utiliser les caractéristiques cliniques pour la stratification du risque, telles que le motif de type 1 spontané à l'électrocardiogramme et la syncope, qui facilitent l’identification des individus avec le risque d'événements le plus élevé et le moins élevé chez lesquels la stimulation ventriculaire programmée peut être d'une utilité limitée.
En outre, cette étude met en évidence l’importance de l'utilisation de protocoles appropriés de stimulation ventriculaire programmée parce un protocole modérément « agressif » (par exemple, jusqu'à un double extrastimulus) semble de rendement plus élevé de spécificité d'effets indésirables que les protocoles de stimulation ventriculaire programmée plus agressifs (par exemple, jusqu'à un triple extrastimulus).
Des études prospectives sont nécessaires dans le futur pour améliorer les outils de stratification du risque du syndrome de Brugada.

Date de publication : 24 Février 2016



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